Edition N°71 - Une pièce d’ébénisterie à l’iconographie jamboise
Dans l’histoire du mobilier1, la chaise occupe une place de choix. Son utilisation fréquente a cependant fragilisé sa conservation et c’est la raison pour laquelle les pièces originales sont moins nombreuses que les grands meubles. À l’inverse du mobilier seigneurial ou bourgeois, pour le mobilier régional appelé par certains campagnard ou paysan, la constatation est plus flagrante encore car les chaises courantes ont beaucoup souffert de l’entretien des communs par l’utilisation de l’eau en abondance. La base des pieds était souvent blanchie par l’humidité et attaquée par les insectes xylophages. Bien que chevillés, pour certains, tout au moins, ces sièges se démantibulaient et demandaient souvent à être réparés avant d’être remplacés. L’assise est en bois mais la paille est fréquente dans ce type de mobilier.
Une chaise Charles X paillée portant au dossier une iconographie liée avec Jambes2 vient d’être redécouverte et mérite dès lors une brève présentation dans notre chronique trimestrielle. Le bois utilisé est un fruitier. Deux barreaux sur trois côtés et une tringle sur la partie avant rigidifient la base du siège. Les montants avant sont surmontés d’une petite sphère ou « boule » de forme aplatie. Le dossier est constitué de deux traverses dont la supérieure dispose d’une « goutte » aux extrémités. Le dossier est doté d’une planchette rectangulaire bordée en haut et en bas d’un bourrelet strié, ajourée en son centre d’un cercle bordé d’un sillon dans lequel prend place une vue du pont de Meuse3 avec une construction coiffée d’une bâtière, la tour Beauregard4, jouxtant une grande arche de pierre bien appareillée de moellons menant vers la rive droite où l’on distingue l’ancienne église de Jambes. Une fleurette stylisée à quatre pétales est inscrite à chaque écoinçon de la planchette du dossier.
L’intérêt de ce siège réside dans son iconographie connue mais jamais retrouvée sur une pièce de mobilier. Plusieurs gravures et documents anciens montrent le pont de Meuse communément appelé le pont de Jambes où l’on aperçoit la construction à deux versants juchées sur la septième pile. Très souvent, les artistes montrent le site en amont du pont pour disposer de la citadelle en toile de fond.
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1. E. Nemery, Le meuble namurois au XVIIIe siècle, Gembloux, 1970 ; J. Toussaint (sous la dir.), Le mobilier namurois du XVIIIe siècle, Namur, 1995.
2. C. Badot, Jambes autrefois… et aujourd’hui, Jambes, 1948.
3. C. Chainiaux-Garny, Le pont de Meuse. Communément appelé « Pont de Meuse », Jambes, mai 1976.
4. F. Courtoy, De la Tour de Beauregard aux « Dames » du Pont de Meuse à Namur, dans Namurcum, XXXI, 1957, n°3, pp. 40-48.
5. Namur. Le site, les hommes de l’époque romaine au XVIIIe siècle, coll. Histoire, série in-4°, n°15 du Crédit communal, Bruxelles, 1988, plusieurs références. Voir aussi J. Toussaint (sous la dir.), La seigneurie d’Anhaive à Jambes, coll. Études et documents du Centre d’Archéologie, d’Art et d’Histoire de Jambes, 1, Jambes, 2005, pp. 37, 39 ; J. Toussaint, Rues de Jambes, coll. Anhaive expo du Centre d’Archéologie, d’Art et d’Histoire de Jambes, 3, Jambes, 2007, pp. 8-10 ; A. Fossion et J. Toussaint, Petite histoire métallique de Jambes, coll. Anhaive expo du Centre d’Archéologie, d’Art et d’Histoire de Jambes, 4, Jambes, 2007, pp. 4, 26, 28, 29, 34, 36.
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