Edition N°42 - Marcel Hoc (1890-1972)
Un Jambois, conservateur en chef de la Bibliothèque royale et professeur à l'Université de Louvain.
Le conservateur
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Marcel Hoc |
C’est bien à Jambes qu’est né Marcel René Benoît Ghislain Hoc, le 4 juin 1890. Sa jeunesse se passe entièrement dans sa commune natale. Il est d’abord inscrit à l’école communale de Jambes pour les classes primaires. Il poursuit ensuite le cycle des humanités anciennes au Collège N.-D. de la Paix à Namur avant d’entreprendre la philologie classique aux Facultés de Namur. La Première Guerre mondiale interrompt ses études et c’est en 1919 qu’il décroche le doctorat en philosophie et lettres. Sa thèse est consacrée à la vie et l’œuvre du philologue et poète Jean-Gaspard Gevaerts (1593-1666) et sera publiée en 1922. Elle annonce très nettement son grand intérêt pour l’étude de l’humanisme et de la numismatique.
M. Hoc débute sa carrière comme professeur d’humanités à l’Athénée royal de Verviers. Très vite, il quitte l’enseignement pour devenir bibliothécaire au Cabinet des médailles de la Bibliothèque royale en 1923, sous la direction de Victor Tourneur. En 1936, il en devient le conservateur, fonction qu’il occupe jusqu’à l’honorariat en 1955. De 1953 à 1955, il est à la tête de la Bibliothèque royale en sa qualité de conservateur en chef. La numismatique est un de ses terrains de prédilection. Il a dirigé notre médaillier national avec «compétence, sagesse et dévouement» dira un auteur. M. Hoc est à la base d’acquisitions importantes dont la riche collection Éd. Bernays.
L’enseignant
De 1925 à 1960, Marcel Hoc enseigne l’économie à l’Institut supérieur de Commerce de Bruxelles. En 1928, il devient le premier titulaire d’une chaire de numismatique en Belgique, à savoir à l’Université de Louvain. Il assure cette charge jusqu’en 1960. Ce n’est donc pas sans raison que l’Université de Louvain inaugure officiellement le séminaire de numismatique Marcel Hoc, du nom de son fondateur, le 17 février 1984.
À partir de 1946, M. Hoc enseigne aussi l’histoire de la monnaie et de la médaille à l’Institut supérieur d’histoire de l’art et d’archéologie de Bruxelles qui a son siège aux Musées royaux des Beaux-Arts à Bruxelles.
Le numismate
M. Hoc a enseigné la numismatique mais s’est aussi investi dans une société savante, la Société royale de Numismatique de Belgique. Il y est admis en 1923 et devient membre effectif en 1927. Il occupe successivement les postes de secrétaire de 1927 à 1949, de président de 1949 à 1955 et de 1967 à 1970, de président d’honneur de 1970 à 1972. Il est actif comme membre de la Commission de la Revue de 1927 à 1972.
En parcourant sa riche bibliographie, plus de 300 publications en un demi-siècle, on retrouve ses deux pôles privilégiés : l’humanisme et la numismatique. «Devenu humaniste au contact des humanistes, M. Hoc s’est affirmé comme numismate dans le sens à la fois le plus précis et le plus large du terme» (P. Naster). Parmi ses écrits numismatiques, on peut relever Les monnaies des Pays-Bas bourguignons et espagnols, 1434-1713. Répertoire général, établi en collaboration avec H.E. Van Gelder (Amsterdam, 1960) et l’Histoire monétaire de Tournai (Bruxelles, 1970).
On ne peut passer sous silence la Bibliotheca Belgica, bibliographie générale des Pays-Bas aux siècles de l’humanisme, à laquelle il se consacre pleinement de 1949 à 1961.
La médaille
À l’initiative de Mademoiselle Marguerite Hoc, sœur du savant numismate, une médaille dont le modèle original remonte à 1932 fut frappée aux établissements Fonson à Bruxelles quarante ans plus tard. La médaille est due au talent d’Auguste Bija (1872-1957), un médailleur né en Russie, à Slocksen près de Riga (ou à Assern?). A. Bija passe par la Prusse avant de s’installer à Bruxelles en 1897. Il est engagé comme premier graveur par la maison Wiskeman tout en étant élève de l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles, où il poursuit son apprentissage de la sculpture et la médaille dans la classe dirigée par le professeur et sculpteur Charles Van der Stappen (1843-1910). A. Bija a été avant tout un médailleur entre 1911 et 1948 exploitant l’art du portrait. Il a réalisé plus de 250 portraits dont celui de Marcel Hoc. Ce qui l’intéresse, c’est la variété des types humains.
Le portrait qu’il donne de Marcel Hoc est parfaitement fidèle. Le professeur âgé à l’époque de 42 ans apparaît de profil à gauche dans l’attitude du pédagogue. Le revers rappelle ses fonctions et titres principaux.
Orientation bliographique
P. NASTER, Marcel Hoc, dans Revue belge de Numismatique et de Sigillographie (=RBN), CXVI, 1970, pp. 5-21.
In Memoriam Marcel Hoc, dans RBN, CXVIII, 1972, p. 5.
A. DUMOULIN, Deux œuvres d’Auguste Bija. Les médailles de Marcel Hoc et du Comte Albert Visart de Bocarmé, dans RBN, CXX, 1974, pp. 193-200.
T. HACKENS, Inauguration du Séminaire de numismatique Marcel Hoc à l’Université Catholique de Louvain, le 17 février 1984 : hommage à M. le Professeur Naster, doctorat honoris causa de M. Raymond Weiller, exposition de la donation Chanoine Léon Matagne, dans RBN, CXXX, 1984, pp. 205-208.
Ph. JACQUET, Hoc Marcel, dans Fr. JACQUET-LADRIER, Dictionnaire biographique namurois, numéro spécial de la revue Le Guetteur Wallon, nos 3-4, 1999, p. 136.
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