Du 15 mai au 15 juin 2019

Tout éblouissantes que soient les peintures de Patricia Dopchie, d’une maîtrise technique différente mais comparable à celle des plus grands maîtres de la Renaissance à nos jours, de Pontormo avec ses admirables drapés rouges à Gerhard Richter au meilleur de l’irréductibilité du pictural à ses motifs, elles ne peuvent se résumer à l’intense plaisir rétinien qu’elles procurent. Réalisées dans la ligne des œuvres précédentes, dans les infimes variations des deux seules tonalités rouges et noires, et bien qu’elles soient non figuratives, elles agissent à la manière des icônes byzantines par leur pouvoir irradiant. L’option informelle n’est nullement un choix exclusivement esthétique, elle est expression d’un infini, d’un espace aussi indéfinissable qu’incommensurable et intemporel qui échappe à l’entendement humain. En ce sens, chaque œuvre est pleinement mystère ineffable de la peinture et pure spiritualité dans son état et sa portée. Sans doute en ses variations multiples qui résonnent comme autant d’états d’âme, est-elle influencée par les circonstances, les conditions extérieures, qui sait peut-être des événements factuels, par des ressentis émotionnels et psychologiques, mais toujours par une intime et profonde conviction. Ce qui explique probablement que différente de la précédente et de la suivante, chaque toile s’accomplit dans la continuité de cette intensité lumineuse rouge perçante, volontaire, déterminée, que combat sans vaincre, la noirceur menaçante.

Claude Lorent

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