Basse-Enhaive

Près de 700.000 € pour rénover la Maison des Jeunes

Mehdi Belhaloumi, directeur de la MJ, se réjouit de pouvoir bientôt bénéficier de locaux mieux adaptés aux nouveaux besoins des jeunes.

Installée rue Charles Lamquet depuis les années 1970, la Maison des Jeunes de Basse-Enhaive va bientôt connaître la plus importante transformation de son histoire. Le bâtiment, qui a déjà bénéficié de quelques interventions ponctuelles au fil des années, notamment le remplacement des châssis, nécessite aujourd’hui une rénovation globale afin de répondre aux normes actuelles de sécurité et d’offrir des espaces mieux adaptés aux activités.

Le projet entre désormais dans une phase concrète. Le marché de travaux, dont l’estimation s’élève aujourd’hui à 664.171 € TVAC, doit permettre une rénovation en profondeur du bâtiment : structure, cloisons, électricité, chauffage, sanitaires et aménagements intérieurs sont notamment concernés. Une annexe est également prévue afin d’agrandir les infrastructures.

Une propriété du Port autonome

Si la Maison des Jeunes est installée depuis plusieurs décennies à Basse-Enhaive, le bâtiment se trouve sur un terrain appartenant au Port autonome de Namur (PAN). La présence de la structure à cet endroit repose sur une concession accordée par le PAN à la Ville de Namur en juin 1999.

La rénovation nécessite donc une collaboration entre les deux parties. Un accord a été obtenu en janvier 2025 au sein du conseil d’administration du Port autonome, avant d’être concrétisé par une convention de partenariat approuvée par le conseil communal en juin 2025.

« Le financement des travaux repose sur un partage à parts égales. Le Port autonome prendra en charge 50 % du coût des travaux, tandis que les
50 % restants seront assumés par la Ville de Namur sous la forme d’une redevance de concession annuelle. Cette formule doit permettre de tenir compte de la valeur locative moyenne d’un bâtiment de ce type en ce compris, l’agrandissement de l’annexe.

Le montant initialement envisagé a toutefois dû être revu à la hausse en raison notamment de problèmes de stabilité identifiés sur le bâtiment », explique Tanguy Auspert  Echevin des Bâtiments.

 

Une rénovation en profondeur

Le chantier ne se limitera donc pas à quelques interventions ponctuelles. Il s’agit de remettre le bâtiment en ordre sur les plans structurel et sécuritaire, tout en l’adaptant aux besoins de ses occupants

« Les travaux se répartissent entre interventions relevant du propriétaire, notamment la structure et la sécurité. D’autres sont directement liés à l’utilisation des lieux par la Maison des Jeunes et relèvent de la Ville de Namur. Enfin, certains travaux constituent des améliorations bénéficiant au bâtiment indépendamment de son occupation et sont donc considérés comme des charges mixtes. 

Le marché est divisé en trois lots : gros œuvre (559.978,25 € TVAC), sanitaires (38.635,30 € TVAC) et électricité (65.557,80 € TVAC). La durée du chantier est estimée à un peu plus d’un an », poursuit Tanguy Auspert.

L’installation électrique ne répond notamment plus aux normes actuelles et les performances énergétiques du bâtiment sont insuffisantes. Plusieurs éléments présentent également des signes de vétusté ou de faiblesse. La rénovation doit ainsi permettre de sécuriser les lieux, d’améliorer leur confort et de rendre à nouveau accessibles certains espaces aujourd’hui inutilisables.

Un projet pensé avec les utilisateurs

Si les choix techniques et la conduite des travaux relèvent des services compétents, les utilisateurs du bâtiment sont associés à la réflexion sur son futur aménagement.

Directeur de la Maison des Jeunes depuis 2020, Mehdi Belhaloumi participe aux réunions de concertation afin de faire connaître les besoins liés aux activités et au fonctionnement quotidien de la structure.

« Mon rôle est essentiellement opérationnel. Je donne mon avis sur l’organisation des locaux en fonction des activités que nous proposons et des besoins des jeunes ».

La future configuration prévoit notamment une redistribution des espaces et une amélioration des conditions d’accueil. Les bureaux seront déplacés à l’étage et la zone d’accueil sera agrandie. Une option du marché prévoit également l’installation d’un échafaudage permettant la restauration de la fresque extérieure, avec la participation des jeunes.

 

Un déménagement temporaire

Le chantier nécessitera toutefois la libération complète du bâtiment. À la fin de l’année 2026, avant le début des travaux prévu au printemps 2027, la Maison des Jeunes quittera donc provisoirement ses locaux.

Des modules temporaires seront installés en face du hall sportif de Basse-Enhaive. Ils permettront à l’équipe de poursuivre ses activités pendant toute la durée du chantier, estimée à environ un an.

Cette solution doit permettre d’éviter une interruption des activités et de maintenir le lien avec les jeunes du quartier pendant la période des travaux.

Depuis 1970, ce bâtiment à la fresque emblématique a connu plusieurs rénovations.

Bien plus qu’un lieu de loisirs

À Jambes, la Maison des Jeunes de Basse-Enhaive (MJ)  est aujourd’hui l’une des deux seules structures de ce type encore actives, avec celle d’Amée. Depuis la fermeture de la Maison des Jeunes du parc Astrid, sa fréquentation a fortement augmenté.

« Certains jours, nous accueillons entre 50 et 80 jeunes avec seulement deux animateurs à temps plein et une personne à mi-temps. La mission d’une maison des jeune  dépasse largement l’organisation d’activités de loisirs. Nous offrons un endroit où se poser, où rencontrer d’autres jeunes, où découvrir des activités auxquelles beaucoup n’auraient jamais accès ailleurs », confie le directeur de la MJ.

Voyages, ateliers, accompagnement scolaire, projets citoyens ou culturels : la structure joue également un rôle dans l’intégration de jeunes issus d’horizons différents. Elle collabore notamment avec les Services résidentiels pour jeunes (SRJ), les centres Croix-Rouge et accueille de nombreux primo-arrivants.

« Nous sommes souvent leur première porte d’entrée vers la citoyenneté. Ils y apprennent le français, découvrent la culture locale et rencontrent des jeunes de tous horizons », conclut Mehdi Belhaloumi.

Des espaces devenus trop petits

La rénovation doit aussi répondre à l’évolution des activités. À l’origine, la Maison des Jeunes occupait uniquement le rez-de-chaussée. Elle utilise aujourd’hui plusieurs niveaux du bâtiment, mais dans des locaux devenus peu fonctionnels.

Au quotidien, l’organisation relève parfois du casse-tête.

« C’est un véritable jeu de Tetris. Les ateliers, les réunions, les repas… tout doit s’enchaîner parce que nous manquons de place », explique Mehdi Belhaloumi.

Les futurs espaces devraient notamment offrir une salle d’accueil plus vaste et davantage de locaux dédiés aux ateliers. Certains espaces aujourd’hui condamnés pour des raisons de sécurité, comme l’ancien studio photo ou le studio musique, pourraient également retrouver leur fonction.

Les jeunes seront associés à la préparation de cette nouvelle étape. Sans intervenir dans les choix techniques du chantier, ils participent déjà à la préparation du déménagement et pourront être consultés sur les futurs équipements.

« Nous partons toujours de leurs envies et de leurs besoins » explique Mehdi Belhaloumi.

Un chantier pour préparer l’avenir

Au-delà de la remise en état d’un bâtiment devenu vétuste, la rénovation doit permettre à la Maison des Jeunes de poursuivre ses activités dans des conditions plus adaptées, plus sûres et plus confortables.

Pour Mehdi Belhaloumi, l’enjeu est avant tout de pouvoir continuer à proposer aux jeunes un lieu où ils peuvent se retrouver, développer des projets et trouver un accompagnement.

« On ne peut pas abandonner la jeunesse. Ce sont eux qui construiront la société de demain ».

Le directeur se réjouit donc de l’amélioration annoncée des conditions d’accueil, sans pour autant chercher à augmenter encore la fréquentation.

« Nous en recevons déjà énormément. Notre priorité n’est pas d’en accueillir plus, mais de pouvoir les accompagner dans de meilleures
conditions
».

 

À la MJ, place aux activités collectives et au plaisir de s’amuser autrement, loin des écrans.

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