Le futur quartier présenté aux habitants.
Les anciennes casernes du Génie amorcent leur transformation.
La reconversion de la Caserne du Génie vise à créer un quartier alliant qualité de vie et durabilité.
Le futur quartier présenté aux habitants.
Les anciennes casernes du Génie amorcent leur transformation.
Évoqué une première fois dans nos colonnes en 2021 (Côté Jambes n°113), le projet de reconversion des anciennes casernes du Génie, porté par Thomas & Piron Bâtiment, franchit une nouvelle étape. Le 13 juin dernier, le promoteur-constructeur a accueilli les riverains résidant dans le périmètre légal de 200 mètres autour du site, ainsi que les Jambois intéressés, à une réunion d’information organisée directement sur les lieux.
L’objectif était de présenter la version actualisée du projet avant l’introduction, espérée cet été, de la demande de permis. Pour l’occasion, Thomas & Piron Bâtiment a privilégié une formule conviviale et interactive. Après un accueil sur le site de The Flow, les participants ont été répartis en petits groupes avant de parcourir les anciennes casernes. À chaque étape, des images de synthèse permettaient de visualiser les futures constructions et les principaux aménagements publics envisagés.
« À travers cette visite, nous avons voulu expliquer l’ouverture que permettra le futur aménagement, présenter les espaces publics qui seront créés et partager plusieurs données chiffrées, notamment en matière de logements », explique François-Xavier Jordens, promoteur du projet pour Thomas & Piron Bâtiment en collaboration avec Madame Sophie Roleants.
Le projet s’inscrit dans les orientations du Schéma de développement du territoire (SDT), qui encourage la densification des centres urbains à proximité des transports en commun tout en limitant la minéralisation des sols. Pour les concepteurs, l’enjeu consiste à trouver un équilibre entre ces deux objectifs en concentrant davantage les constructions afin de libérer de larges espaces publics.
Cette rencontre a également permis de répondre aux questions des habitants avant la future enquête publique, qui pourrait être organisée à l’automne 2026 si le dossier est déclaré complet
Le 13 juin, les riverains ont pu découvrir les enjeux du projet.
Un site ouvert sur la ville et sur la Meuse
La principale évolution du projet concerne l’ouverture du site sur son environnement. Longtemps fermé en raison de sa fonction militaire, l’ensemble constitue aujourd’hui une véritable barrière urbaine au cœur de Jambes. Le projet entend inverser cette logique en transformant cet espace introverti en un quartier traversable et connecté aux secteurs voisins.
Cinq grands axes structureront l’aménagement. Trois d’entre eux assureront des liaisons entre la rue de Dave et la Meuse, dont l’un via la réouverture du porche historique de l’ancienne caserne, appelé à devenir un cheminement cyclo-piéton. Le prolongement cyclo-piéton de la rue Villana et la reconnexion au RAVeL figurent également parmi les aménagements prévus.
Cette ouverture se prolongera jusqu’aux berges de la Meuse. Le site actuellement occupé par The Flow sera réaménagé afin de renforcer l’attractivité du bord de fleuve. De nouveaux bâtiments accueilleront les scouts marins et les kayakistes, tandis que l’espace plage sera maintenu et complété par une brasserie. Celle-ci sera exploitée par un opérateur privé qui assurera également la gestion de la plage. Ouvert à tous, cet espace public pourra toutefois être temporairement fermé pour des raisons de sécurité, notamment en cas de crue ou d’affluence importante.
Un quartier mixte
Le programme résidentiel s’est affiné au fil des études tout en conservant l’ambition de créer un nouveau quartier mixte au cœur de Jambes. Le projet prévoit désormais entre 450 et 480 équivalents logements, dont 46 adaptables aux personnes à mobilité réduite. Ceux-ci se répartissent entre quelque 305 appartements, 19 maisons unifamiliales, 46 lofts et environ 6.500 m² consacrés au co-living, soit quelque 110 unités.
Rapportée aux neuf hectares du site, cette offre représente une densité moyenne de 53 logements par hectare, un chiffre inférieur aux quelque 80 logements par hectare recommandés par la Région wallonne pour ce type de localisation urbaine.
Les gabarits des bâtiments varieront de R à R+5. Une exception est toutefois prévue : un bâtiment emblématique culminera à R+7 au cœur du site. Afin de répondre aux exigences énergétiques actuelles, les bâtiments seront équipés de panneaux photovoltaïques et de pompes à chaleur. Les toitures, initialement envisagées comme végétalisées, seront dès lors principalement consacrées à ces équipements techniques.
Cinq axes structureront le futur quartier, qui comptera environ 480 logements : studios, maisons unifamiliales, lofts et 110 unités de coliving.
Entre patrimoine et espaces publics
Le projet prévoit également de préserver plusieurs témoins du passé militaire. Trois bâtiments emblématiques – le BMJ, le BMA et le BMB – seront conservés et intégrés à la nouvelle composition urbaine. Le BMA verra néanmoins ses extrémités actuelles en colonnes béton démolies et remplacées par de nouveaux volumes contemporain afin de mieux s’intégrer au futur quartier.
Le célèbre casque en klinkers jaunes et gris, bien connu des habitants, sera quant à lui démonté. Une réinterprétation contemporaine de cet élément patrimonial prendra toutefois place face au bâtiment BMJ.
Trois grands espaces publics constitueront le cœur du projet : une vaste place publique sur l’ancienne place des manœuvres, un jardin de proximité destiné aux habitants et un parc paysager en bord de Meuse, véritable prolongation de la plage actuelle. L’objectif est de créer de nouveaux lieux de rencontre tout en renforçant la présence du végétal sur l’ensemble du site.
Une mobilité repensée
La mobilité constitue un autre volet majeur du projet. Les nouvelles liaisons douces favoriseront les déplacements à pied et à vélo vers la Meuse, le RAVeL et les quartiers voisins. Les futurs habitants disposeront d’une importante offre de stationnement vélo, complétée par des services de mobilité partagée, notamment des véhicules de carsharing et plusieurs voitures partagées.
Au regard de la zone de prévention rapprochée de la SWDE, le stationnement automobile reste néanmoins prévu avec entre 560 et 565 places publiques et privées, dont une majorité aménagée en sous-sol afin de préserver les espaces publics et paysagers.
L’ancien parcours du combattant deviendra un parc
traversé par des cheminements piétons.
Une transformation majeure pour Jambes
Au-delà de la construction de logements, la reconversion des anciennes casernes du Génie ambitionne de transformer durablement ce secteur stratégique de Jambes. En rouvrant un site longtemps inaccessible, en créant de nouveaux espaces publics et en renforçant les liens avec la Meuse, les porteurs du projet espèrent faire émerger un quartier conciliant qualité de vie, attractivité urbaine et enjeux environnementaux.
Le dossier doit désormais franchir les prochaines étapes administratives. Si le calendrier est respecté, le premier coup de pelle pourrait être donné à la fin de l’hiver ou au début du printemps 2028.
L’ancien « Parade Ground » deviendra une vaste place publique accessible aux habitants, riverains et visiteurs.