Géo De Vlamynck (1897-1980)

Cartons de vitraux du carmel de Jambes : Noces de Cana, Portement de Croix, Pentecôte, Assomption (1931-1933)

Carmel de Jambes

L’artiste

Georges De Vlamynck vient au monde à Bruges, en 1897, dans un milieu favorable au développement artistique. Son grand-oncle est un peintre dessinateur, lithographe et graveur. Son grand-père et son père exercent la profession d’ébéniste tandis que son oncle est un architecte œuvrant dans l’entourage de J. Poelaert.
Dès 1909, G. De Vlamynck fréquente les cours du professeur Flori Van Acker (1858-1940) à l’Académie des Beaux-Arts de Bruges. Pendant la guerre, il suit les cours de dessin à l’University College Stadeschool of Fine Arts from the University of London. Il y décroche un 1er prix avec distinction (dessin et perspective).
Après la guerre, il s’inscrit à l’Académie de Bruxelles (1919 ) où il assiste au cours de composition monumentale donné par Constant Montald (1862-1944) pour qui il témoigne d’une grande admiration.
En 1921, il remporte le 1er prix de composition monumentale lors du concours de fin d’année ayant pour thème Le repentir après la faute. Ce prix est assorti d’une bourse lui permettant d’effectuer le voyage d’Italie. La peinture primée (œuvre à la détrempe) s’inscrit dans le mouvement symbolique. Le nu y est bien présent. Il lui accordera d’ailleurs une priorité tout au long de sa carrière. Son œuvre sera un hommage à la femme. Il travaillera et cherchera à sublimer le corps de la femme auquel il voue une admiration sans borne1.
Le voyage d’Italie lui permet de découvrir la fresque, la mosaïque, le vitrail. Dès son retour au pays, il pratique ces différentes expressions artistiques qu’il intègre dans des réalisations Art déco.
G. De Vlamynck s’intéresse à l’expressionnisme flamand, au cubisme et à l’Art africain. À la suite de la découverte du tombeau de Toutankhamon (1922), il aborde l’Art égyptien et développe un engouement pour les peintures thébaines.
À la suite de ces différentes recherches et expériences, il va abandonner les liens avec le réalisme pour arriver à un art non figuratif.
En 1924, G. De Vlamynck acquiert la maison construite pour le sculpteur Jacques De Haen (1831-1900) à Bruxelles (et ensuite occupée par divers artistes dont le peintre impressionniste Eugène Smits). Cette maison-atelier toujours visitable aujourd’hui (voir infra), sera aménagée par l’artiste et l’ensemblier décorateur Moonens.
Deux ans plus tard, il est en contact avec Henry Van De Velde (1863-1957), qui crée l’Institut supérieur des Arts décoratifs de La Cambre. Il conçoit une fresque pour le hall d’entrée : Fondation de l’Abbaye de La Cambre par les moines de Villers.
Pendant la décennie qui suit, il réalise de nombreux vitraux et fresques en Belgique mais aussi à l’étranger pour des églises, abbayes, hôtels particuliers. Il participe notamment aux expositions de Liège (1930), Anvers (1930), Chicago (1933), Bruxelles (1935).
En plus de sa carrière d’artiste, il mène de front une activité professorale. En 1931, il est désigné professeur à l’Académie de Saint-Gilles. Il enseigne aussi à l’école Bischoffsheim (section décoration) ainsi qu’à l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles (1939).
G. De Vlamynck était un peintre muraliste, maîtrisant différents procédés et toujours à la recherche de nouvelles techniques dans l’exécution des compositions décoratives2. Cependant, il entreprendra des recherches visant à la réalisation de fresques de chevalet.
La représentation du nu restera une constante tout au long de sa carrière, allant du réalisme vers l’abstraction. Il est en quête d’une image idéale de la femme, en travaillant sans cesse les lignes et les volumes.

Les réalisations jamboises

Malgré la notoriété de Géo De Vlamynck et l’empreinte qu’il a laissé dans l’Art belge du XXe siècle, peu se souviennent encore à Jambes qu’il est l’auteur de vitraux pour le carmel de la localité et de fresques pour l’église Saint-Symphorien. D’ailleurs, si l’on consulte Le patrimoine monumental de la Belgique3, il n’est nullement question des créations de l’artiste ! Volonté d’oubli ou œuvres trop récentes ?
Un couvent de carmélites a été créé, en 1837 à Namur4. Il est transféré à Jambes, rue d’Enhaive, le 11 août 1906. En 1952, suite aux dégâts du second conflit mondial et l’aménagement du rond-point Joséphine-Charlotte, le carmel est déménagé rue du Trou perdu, actuelle rue de l’Aurore5. G. De Vlamynck avait conçu entre 1931 et 1933 les vitraux du carmel qui seront replacés sur les hauteurs de Jambes en 1954 grâce à la générosité d’un entrepreneur de la région qui en avait fait le vœu s’il retrouvait la santé.
Ces vitraux illustrent Les Mystères de la Vierge. Géo De Vlamynck a su tirer profit des contraintes techniques imposées par cette forme d’art. En effet, les difficultés dans l’élaboration du vitrail empêchent la création de dessins trop détaillés. L’assemblage de morceaux de verre coloré de formats réduits et coupés selon le motif à suivre (traits du visage, plis du vêtement, articulations du corps…) confère à l’œuvre une stylisation particulière. Les exigences du métier obligent donc l’artiste à utiliser des formes simples, à faire